Alexandra Riss

Artiste visuelle.
Née à Clamart en 1992. Vit et travaille à Paris et Tours.

« Semblable à un voyage onirique et obsessionnel, les œuvres d’Alexandra Riss oscillent entre observation du réel et construction d’une fiction.
Elle dispose souvenirs et objets qui l’entourent dans des compositions vibrantes, convaincue que le meilleur moyen de s’adresser aux autres est de partir de sa propre expérience. Dans cet espace de rêve, l’ensemble des objets sont des facettes d’une réalité intime de l’artiste. À l’image des faits héroïques qui fondent un personnage de légende, c’est la mise en scène évoquée, narrée ou juste imaginée qui révèle le pouvoir des choses.
Loin de n’être que des accessoires, les objets deviennent acteurs, témoins, passeurs d’histoires muettes. L’objet créé ouvre une situation dans laquelle il sera éprouvé dans un usage performatif.
Les gestes et déplacements du corps sont pour Alexandra Riss des moyens, tels des ressorts dramatiques, pour nous raconter, ou nous inciter à nous raconter nous-mêmes, des histoires. Désignant la plupart de ses productions comme étant des objets performatifs, elle établit les performances avec des professionnels convoqués pour la précision de leurs gestes et la maîtrise de leurs savoir-faire. Ne faisant quasiment aucune captation – exception faite pour ses archives personnelles – l’artiste souhaite encourager une sorte de rumeur, un écho plus ou moins distordu de ce qui s’est passé, transmis oralement. La mise en action de l’objet est essentielle car elle vient renforcer son caractère singulier. L’œuvre entre en rapport avec la personne qui la porte, l’endosse ou le manipule. Une proximité se noue alors entre l’artiste, la pièce et la personne à qui elle est destinée.
La mémoire, à la fois mystérieuse et profonde, est au cœur de sa pratique. Refusant l’oubli, Alexandra Riss entretient des liens particuliers avec tout ce qui a disparu, les objets, autant que les êtres. Lors de l’exposition et du partage avec le public, les récits furtifs composent une scène fictive.
L’œuvre est finalement tout cela : elle est une histoire, elle est du temps et des états successifs, elle est à la fois une présence matérielle et immatérielle. »
Sandra Emonet

+ d’infos : https://www.alexandra-riss.fr/