Né en 1983 à Ambilly en France, Jérémy Chevalier vit et travaille à Genève.
Le travail de Jérémy Chevalier mêle performance, art sonore et installation. Il y aborde notamment la question de la présence sur scène et celle du spectaculaire, en s’appuyant sur des inventions souvent empreintes de techniques DIY et de détournements d’objets. Une des interrogations qui traverse son travail est la suivante : “Un enregistrement peut-il remplacer une présence sur scène ?” On peut retrouver cette thématique dans sa pièce Scratched record, dans laquelle il joue la reprise d’un disque vinyle rayé.
Cette réflexion l’a progressivement conduit à explorer la notion d’archive, notamment avec la pièce Concrete Music (des disques vinyles moulés en béton), suivie de toute une série de moulages en béton. Ces pièces sur l’empreinte cherchent à capter l’inframince, à révéler des traces sensibles, comme l’enfoncement d’un stylo dans le papier ou le froissement de feuilles dans des moulages de panneaux d’affichage, ne laissant apparaître que le support des annonces événementielles.
Son attrait pour la culture DIY et sa passion pour la science l’ont ensuite amené à interroger la technologie, et plus précisément la manière dont elle façonne nos perceptions, nos récits et nos gestes. Cette thématique, toujours abordée avec humour et décalage, est devenue centrale dans son travail performatif. Parmi ses pièces les plus marquantes, on trouve Chaosphonie (un homme-orchestre automatisé), Version bêta (une conférence sur la robotique menée aux côtés d’un frère siamois robotique), Release Candidate (spectacle de vulgarisation scientifique), ou plus récemment Speaker Prélude (une pièce qui met en scène un haut-parleur).
Parallèlement, il développe une approche singulière du field recording. À contre-courant de la pratique standard qui privilégie des microphones coûteux pour enregistrer de manière neutre ou réaliste, il cherche à détourner cette logique. Dans la pièce Il ne reste plus qu’à danser !, par exemple, des capsules de microphone sont placées sous ses chaussures : il enregistre ce qui se passe sous ses pieds, point de contact entre son corps et le sol, une forme “d’acoustique géographique” de sa position dans l’espace.
En parallèle de cette pratique artistique plutôt conceptuelle, Jérémy Chevalier développe également un travail poétique. Depuis 2019, il présente Spirale Névrose, un solo constitué de lectures de poèmes, de chansons et d’actions performées. Ce projet évolue au fil des idées, des textes et des expérimentations. Il prépare actuellement la publication d’un recueil de ses poèmes aux éditions Ripopée, dont la sortie est prévue au printemps 2026.
© Maud Pollien