En décembre, NOVA_XX s’amarrera au Générateur, à Gentilly, complice de la Biennale depuis trois éditions, avec une soirée de performances constituée des projets sélectionnés par le Comité de sélection constitué de Anne Dreyfus, Camille Martin, Clément Thibault, Elise Bergonzi, Etienne Blanchot, Myriama Idir et Vincent Crapon.
Pauline Brun
NICKEL(titre provisoire)
NICKEL est un solo en cours de création qui navigue entre danse, performance et arts visuels, autour d’une figure ambivalente de clown à la fois fragile, décalée et profondément contemporaine. À travers cette création, Pauline Brun explore les frontières entre le rire et le malaise, le grotesque et l’émotion, le jeu et l’effondrement. Corps déformé, gestes contrariés, objets détournés et scénographie en constante métamorphose composent une écriture chorégraphique singulière où l’absurde devient un puissant révélateur de nos fragilités.S’inspirant autant de l’esthétique du clown que du cinéma d’horreur, de la performance et des arts visuels, l’artiste développe une recherche plastique et chorégraphique où chaque mouvement questionne les normes du corps et de la représentation. Entre humour grinçant, étrangeté et poésie, NICKEL dessine le portrait d’une figure solitaire qui transforme l’échec, l’inconfort et le décalage en un puissant terrain de jeu.
Collectif EXO’s
Rituel de Désenvoûtement
EXO·s, collectif de trois artistes asiatiques queer et migrant·es vivant en France.
Le rituel prend sa source dans les traditions chamaniques transmises au sein de nos familles, issues de nos origines en Asie du Nord-Est. Nous ne cherchons pas à reproduire une cérémonie traditionnelle ni à en proposer une représentation folklorique. Nous reprenons certains de ses principes : l’invocation, la possession, la répétition, le rythme, la transe, la relation aux forces invisibles, pour les traverser depuis nos corps de personnes migrantes et queer.
Rituel de Désenvoûtement considère le rituel comme une technologie du corps : une manière de rendre visibles des forces qui restent habituellement abstraites et de transformer, même temporairement, notre rapport au pouvoir.
Nous ne pratiquons pas le désenvoûtement parce que nous croyons que le monde est hanté.
Nous le pratiquons parce qu’il l’est.
Yellow Wasabi
Hair play
Hair Play est une performance immersive et générative explorant la manière dont les infrastructures numériques capturent et reconfigurent les manifestations physiques du vivant.
Le projet part du cheveu comme matériau biologique, culturel et symbolique. Dans de nombreuses sociétés, les cheveux portent des significations liées au genre, à l’identité et à la mémoire corporelle. Ici, ils deviennent également une surface de captation computationnelle : une interface instable entre corps organique et systèmes algorithmiques.À l’aide d’un système de tracking développé sous MAX/MSP, les micro-mouvements des cheveux et les déplacements de la performeuse dans l’espace sont analysés en temps réel. Ces données comportementales génèrent un environnement audiovisuel évolutif composé de textures sonores spatialisées, de feedbacks acoustiques, de pixels génératifs et de perturbations lumineuses. Des microphones captent également les résonances de l’espace d’exposition et les présences du public.
Hair_Play_Yellow Wasabi ©EgnaG.Prudhomme_1

Les sons collectés sont transformés, retardés et redistribués dans l’espace sous forme de résidus acoustiques, créant une écologie sonore où les frontières entre environnement, machine et corps deviennent poreuses. La performance ne cherche pas à opposer humain et technologie, mais à révéler les processus par lesquels les systèmes computationnels absorbent, fragmentent et redistribuent les traces sensibles du vivant.
Scarlett-technique
TT_innocence
Merleau-Ponty distingue le concept d’ignorance de celui d’innocence pour identifier une perception précédant l’assimilation de culture, une façon de se retrouver comme ignorantex devant l’évidence, ou ce qui nous semble connu. (Phénoménologie de la perception, 1945)
TT_innocence rencontre Je_suis_desolee, feuilleton d’observation audiovisuel où se collectent des échantillons de contextes. Les réglages s’y démènent pour présenter une trace à la fois générique et singulière du réel environnant.
TT_innocence est un dispositif de cohabitation entre ces empreintes et unex interprète.
Chaque occurrence de cette performance propose un jeu d’influence entre une boucle d’extraits audiovisuels et une présence humaine évoluant à ses côtés. La mise costume/objet et la distribution image/interprète changent à chaque édition. On pourrait considérer l’ensemble de performances données comme un long défilé de mises en situation.
Chaque édition produit un résultat, une compression des influences reçues. Le projet invite notre faculté à considérer et combiner de nouvelles possibilités, la graine ou le grain qui permettrait d’échapper au piège des postures qui se fixent.


